Le monde en vrac selon La Récolte

D’apparence ordinaire, la petite boutique minimaliste de l’avenue Cartier ne fait pourtant rien comme les autres. La lutte contre le gaspillage, le suremballage et la surconsommation est au cœur de sa mission. Est-ce compatible avec un projet de commerce? À voir le succès grandissant de ce magasin où tout est vendu en vrac et sans emballage, nombreux sont ceux qui croient en la pertinence du concept.

 

Une initiative pas comme les autres

 

Si vous lui demandez comment est né son projet, Flavie Morin ne vous parlera pas d’une épiphanie, mais bien d’une idée qui a germé tranquillement jusqu’à s’imposer comme évidente. La jeune entrepreneuse a découvert le concept du vrac en Australie. Déjà très sensibilisée aux questions environnementales, c’est à Québec qu’elle a ensuite appris qu’une communauté zéro déchet avait vu le jour. «On était visiblement plusieurs à chercher un modèle différent. La consommation et la surconsommation sont presque vénérées dans notre société, ce n’est pas normal.» Convaincue de la nécessité de proposer des solutions de rechange durables et responsables aux citoyens de Québec, elle a finalement décidé de plancher sur un plan d’affaires. Huit mois plus tard, le local idéal se libérait sur la 3e Avenue à Limoilou.

 

Minimalisme et zéro déchet

 

Le concept est simple : chaque client apporte ses contenants, les pèse puis les remplit avant de passer à la caisse. Une réduction maximale des déchets, aucun emballage plastique, juste la quantité nécessaire et la satisfaction d’encourager une initiative locale à fort potentiel écologique. Le succès fut immédiat. À tel point que deux ans plus tard, en septembre 2018, une seconde boutique, sur l’avenue Cartier, a ouvert ses portes. «À Limoilou, on avait une très belle réponse, mais on avait aussi beaucoup de commentaires de gens qui auraient aimé venir plus souvent mais ne vivaient pas dans le quartier. Le zéro déchet est vraiment un mouvement de proximité.» Et pour cause : réduire son empreinte environnementale passe aussi par un usage limité de la voiture.

 

Un projet sur mesure pour Montcalm

 

Le Quartier des arts semblait un choix évident pour continuer de faire grandir le projet. «Mes parents sont en affaires sur Cartier depuis plus de 30 ans, et j’ai toujours aimé le secteur. C’est soigné, il y a une belle complémentarité dans les commerces, et avec les lampadaires et les musiciens de rue, c’est très dynamique.» Sur deux étages, le local de l’avenue Cartier propose une section cosmétiques, fortement plébiscitée par les clients. On y trouve une offre très vaste pour ceux et celles qui fabriquent leurs produits d’hygiène, mais aussi un espace qui permettra bientôt de mettre sur pied des formations pour les adeptes du zéro déchet. «Je suis impressionnée par la clientèle prête à embarquer dans le mouvement et à faire les efforts écologiques nécessaires. Ça vient vraiment me chercher. Je vois qu’on n’est pas seuls dans notre idéal, à vouloir que notre planète aille bien.»

La Récolte, 980 avenue cartier, Québec, QC G1R 2S1

crédit photo: Véronique Demers