Le tremplin du Jamais Lu

Sauver des vies, Bashir Lazhar, Baby-sitter, Scalpés, Billy (Les jours de hurlement) sont toutes des pièces qui ont d’abord été présentées en mode lecture au festival du Jamais Lu avant de renaître sur diverses scènes théâtrales québécoises. Pour découvrir avant tout le monde ce qui fera vibrer les amateurs de théâtre dans les années à venir, cet événement est incontournable. Marianne Marceau, directrice artistique du Jamais Lu Québec, nous en dit plus à son sujet.

 

Comment décririez-vous le Jamais Lu?

Ce festival présente des lectures théâtrales au grand public afin de développer de nouvelles paroles contemporaines. Ces lectures sont pensées par des metteurs en scène et portées par des comédiens professionnels; chaque texte bénéficie de 20 heures de répétition pour que l’univers de l’auteur soit présenté dans toute sa subtilité. Elles font jaillir des langues, des formes et des styles très variés, empreints d’une envie commune : interroger, au moyen de la fiction, le monde dans lequel nous vivons.

 

Pour sa 9e édition, le Jamais Lu Québec fera résonner les mots de 16 auteurs et autrices. Pour l’occasion, 45 artistes professionnels occuperont le Théâtre Périscope pour faire découvrir les toutes dernières œuvres des dramaturges participants sous forme de lectures intégrales ou d’extraits.

 

Le thème de cette année est «Pour ne pas disparaître». Quels aspects de la disparition sont traités dans les textes présentés?

Les textes répondent au cri d’alarme qui habite l’air du temps. La fiction agira à titre de baume sur nos inquiétudes face au futur. Parce que si la disparition des espèces, de la nature telle qu’on la connaît, des langues et des cultures minoritaires est sur toutes les lèvres, une certitude persiste : nous ne voulons pas disparaître et nous sommes prêts à nous soulever pour protéger ce qui est beau. Chacun des huit textes fait valoir à sa façon ce qui, dans l’humain, est à conserver – ce qui le rend bouleversant, ce qui fait de lui un être à la fois tragique et sublime.

 

Qu’est-ce que L’accélérateur de particules, le spectacle présenté le vendredi 29?

Lors de cette soirée festive, le public découvrira les univers singuliers de cinq auteurs et autrices par l’enchaînement jouissif de cinq extraits de textes en construction. Ces lectures courtes (20 minutes chacune) dévoileront le plus récent et le plus palpitant de ce qui s’écrit présentement. C’est un panorama de la dramaturgie actuelle en accéléré, et une excellente initiation pour qui est curieux de découvrir ce qui préoccupe les artistes de Québec. On y sera surpris, attendri, charmé, choqué; on s’y sentira vivre!

 

La soirée du Grand Gala, le samedi 30, est particulièrement intrigante. Pouvez-vous nous en dire plus à son sujet?

La forme documentaire au théâtre a la cote! Véronique Côté et moi invitons six auteurs et autrices (Jean-Philippe Baril-Guérard, Maxime Beauregard-Martin, Catherine Éthier, Olivier Normand, Nadia Girard Eddahia et Véronique Côté elle-même) à présenter de courts docu-théâtres répondant à la question : Que souhaiteriez-vous voir (ou ne pas voir) disparaître? Lors de ce Grand Gala, nous remettrons des prix aux textes qui se seront distingués. Les spectateurs et spectatrices sont invités à enfiler robe longue ou smoking, et à venir en apprendre sur le théâtre et sur l’humain, le tout accompagné d’un quartet de jazz. Que la fiction et le documentaire se rencontrent!

 

Festival du Jamais Lu Québec

Du 28 au 30 novembre au Théâtre Périscope

www.jamaislu.com

crédit photo: Llamaryon